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Recette du poulet frit coréen : le faire chez toi étape par étape

il y a 5 jours
5 min de lecture

Le poulet frit coréen a une texture qu'aucun autre poulet frit n'égale : une croûte très fine, cassante, qui reste croustillante même sous la sauce. Bonne nouvelle, ça se reproduit à la maison, à condition de respecter deux ou trois principes. Voici la recette complète, étape par étape.


Précision utile avant de commencer : la recette qui suit est celle que tu réalises dans ta propre cuisine. C'est une recette pour la maison, pensée pour une poêle profonde ou une friteuse domestique.


Qu'est-ce qui rend le poulet frit coréen si croustillant ?


Réponse directe : deux choses, et deux seulement. Une panure très fine à base de fécule plutôt qu'une pâte épaisse à la farine, et la double friture. La fécule de pomme de terre donne une couche légère, presque cassante, là où la farine seule forme une croûte épaisse qui ramollit dès qu'elle rencontre de l'humidité. La double friture, elle, sert à évacuer l'eau restée dans la panure après la première cuisson : la seconde passe, plus chaude et plus courte, achève de sécher la surface et fixe le croustillant.


C'est cette combinaison qui explique pourquoi un poulet frit coréen supporte d'être enrobé de sauce sans s'affaisser, contrairement à son cousin américain. On a détaillé l'histoire et les codes de ce plat sur notre page poulet frit coréen.


Les ingrédients, pour 4 personnes


Pour le poulet


  • 1 kg de filets de poulet coupés en morceaux de 3 à 4 cm

  • 1 cuillère à soupe de gingembre frais râpé

  • 2 gousses d'ail écrasées

  • 1 cuillère à soupe de sauce soja

  • Sel et poivre blanc

  • 150 g de fécule de pomme de terre (à défaut, de la fécule de maïs)

  • 50 g de farine

  • 1 blanc d'oeuf, facultatif, pour aider la panure à accrocher

  • Huile neutre pour la friture : tournesol ou arachide


Pour la sauce soja-ail (ganjang)


  • 4 cuillères à soupe de sauce soja

  • 3 cuillères à soupe de sirop de riz ou de miel

  • 3 gousses d'ail hachées

  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de riz

  • 1 cuillère à soupe d'eau


Ou pour la sauce sucrée-piquante (yangnyeom)


  • 3 cuillères à soupe de gochujang, la pâte de piment fermentée coréenne

  • 2 cuillères à soupe de ketchup

  • 2 cuillères à soupe de sirop de riz ou de miel

  • 1 cuillère à soupe de vinaigre de riz

  • 2 gousses d'ail hachées


Le gochujang est l'ingrédient qui fait toute la différence sur la version rouge. Si le produit ne te dit rien, on lui a consacré un article entier : le gochujang, c'est quoi.


Étape 1 : découper et mariner le poulet


Coupe les filets en morceaux réguliers de 3 à 4 cm. La régularité compte plus qu'on ne croit : des morceaux de tailles différentes ne cuisent pas au même rythme, et tu te retrouves avec du sec à côté du cru. Mélange le poulet avec le gingembre, l'ail, la sauce soja, le sel et le poivre blanc, puis laisse mariner au réfrigérateur pendant 30 minutes minimum, idéalement une heure.


La marinade coréenne reste volontairement légère. Elle sert à parfumer la chair et à masquer l'odeur de volaille, pas à saturer le poulet de goût : le vrai coup de projecteur viendra de la sauce, ajoutée tout à la fin.


Morceaux de filet de poulet cru en train de mariner, première étape de la recette du poulet frit coréen

Étape 2 : la panure fine, le vrai secret


Mélange la fécule de pomme de terre et la farine dans un grand saladier. Égoutte les morceaux de poulet, ajoute éventuellement le blanc d'oeuf pour aider l'enrobage à tenir, puis passe chaque morceau dans le mélange sec.


La règle d'or : secoue l'excédent. Tu cherches une pellicule fine et poudreuse, pas une gangue épaisse. Une panure trop chargée gonfle à la cuisson, se détache sous la sauce et donne exactement la texture qu'on veut éviter. Si tu vois encore la couleur de la chair par transparence par endroits, c'est bon signe.


Morceaux de poulet enrobés d'une panure fine à la fécule avant la première friture

Étape 3 : la double friture


C'est l'étape qui fait tout, et elle se joue sur la température.


Première friture, autour de 160°C : plonge les morceaux par petites quantités et laisse cuire 3 à 4 minutes. Le poulet doit être cuit à coeur mais encore pâle. On ne cherche pas la couleur ici, seulement la cuisson.


Repos de 5 à 10 minutes : sors les morceaux sur une grille, jamais sur du papier absorbant à plat, et laisse la vapeur s'échapper. Ce temps mort n'est pas optionnel, c'est lui qui permet à l'humidité de quitter la panure.


Seconde friture, autour de 190°C : replonge les morceaux 2 à 3 minutes, jusqu'à ce qu'ils prennent une couleur dorée franche. La croûte durcit, devient cassante, et c'est terminé.


Un point de vigilance : ne surcharge jamais le bain d'huile. Trop de morceaux d'un coup font chuter la température, le poulet cuit alors dans une huile tiède et absorbe le gras au lieu de le repousser. Mieux vaut trois tournées propres qu'une seule bâclée.


Morceaux de poulet frit coréen en cuisson dans un bain d'huile, illustration de la technique de double friture

Étape 4 : la sauce, au tout dernier moment


Fais chauffer les ingrédients de la sauce choisie dans une poêle large, à feu moyen, jusqu'à ce que le mélange épaississe légèrement et devienne brillant : deux à trois minutes suffisent. Coupe le feu, verse les morceaux de poulet encore chauds, et mélange rapidement pour les enrober.


Le mot important est rapidement. La sauce s'ajoute au dernier moment, juste avant de servir. Plus elle reste au contact de la panure, plus elle la détrempe. C'est aussi pour cette raison qu'en Corée, la version sauce et la version nature arrivent souvent dans deux compartiments séparés.


Envie de comprendre les grandes familles de sauces avant de choisir ? Va voir nos articles sur le yangnyeom chicken et sur le dakgangjeong.


Les quatre erreurs qui ruinent un poulet frit coréen


  • Une panure trop épaisse : c'est l'erreur numéro un.

  • Une friteuse surchargée : la température chute, le poulet devient gras.

  • Sauter le repos entre les deux fritures : sans lui, la seconde passe ne sert presque à rien.

  • Saucer trop tôt : le croustillant se perd en quelques minutes.


Trois questions qu'on nous pose souvent


Peut-on le faire à l'air fryer ?


On peut se rapprocher du résultat souhaité, mais pas l'obtenir. L'air fryer cuit correctement le poulet et donne une surface sèche, mais il ne reproduit pas ce que fait un bain d'huile à la panure de fécule : cette croûte cassante vient d'un contact direct avec l'huile très chaude. Si tu tentes, force sur la fécule, vaporise un peu d'huile, et accepte un résultat plus proche d'un poulet rôti croustillant que d'un vrai chikin.


Quelle huile choisir ?


Une huile neutre au point de fumée élevé : tournesol, arachide, pépins de raisin. On évite l'huile d'olive, dont le goût domine et qui supporte mal les 190°C de la seconde friture. Compte assez d'huile pour que les morceaux flottent sans toucher le fond, c'est ce qui garantit une cuisson régulière.


Peut-on préparer le poulet à l'avance ?


Oui, et c'est même l'un des grands intérêts de la double friture. Tu peux faire la première cuisson plusieurs heures avant, laisser refroidir les morceaux sur une grille, puis ne faire que la seconde friture au moment de passer à table. Deux à trois minutes suffisent alors, et tes invités mangent un poulet fraîchement croustillant sans que tu aies quitté la table pendant vingt minutes.


C'est exactement la logique utilisée dans les cuisines coréennes pour servir vite sans sacrifier la texture. Pour comprendre d'où vient cette technique, va lire l'histoire du poulet frit coréen.


Pas de friteuse, pas deux heures devant toi ?


La recette n'est pas compliquée, mais elle demande du temps, de l'huile en quantité et une cuisine qu'on accepte de parfumer pour la soirée. Si l'envie te prend un mardi soir, on est là : on sert le poulet frit coréen tous les jours dans nos deux restaurants, rue Biot dans le 17e et rue de Lancry dans le 10e, avec six sauces classiques à la carte. Découvre notre menu.


Et si tu te lances, garde le réflexe coréen jusqu'au bout : un petit pot de radis mariné à côté, une bière fraîche, et tu y es. Nos idées d'accompagnements complètent l'assiette.

 
 
 

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